• TOP 10 – Cent ans de solitude (Gabriel Garcia Marquez)

     

    Il n'y a pas de génies littéraires bayrouistes. Pas plus que socialistes (à la française) ou sarkozystes. Il y a des écrivains qui sont plutôt de gauche, d'autres plutôt de droite, d'autre du centre. Mais ce n'est pas là qu'on trouvera des génies littéraires (sauf si, pour vous, Bernard Werber est un génie littéraire, auquel cas, effectivement, vous êtes en droit de penser que les génies littéraires sont des gens politiquement normaux).


    Non, les génies littéraires sont à aller chercher aux extrêmes. Droite (Céline...) comme gauche. Et c'est justement du côté du fanatisme d'extrême-gauche, du côté d'un ami indéfectible (putain, voilà les mots que je suis obligé d'employer pour pas faire de mauvais jeux de mots) de Fidel Castro, qui l'a soutenu dans les mauvais moments comme dans les mauvais moments (allant même jusqu'à nier les procès politiques), un homme d'extrême-gauche qu'il faut aller chercher l'un des livres (oui, quand le génie est là, les superlatifs sont inutiles) les plus géniaux du XXème siècle: Gabriel Garcia Marquez, qui, contrairement à mon oncle Garcia, est non seulement d'extrême-gauche mais est en plus un écrivain. Alors que mon oncle Garcia n'est ni d'extrême-gauche (c'est même pas qu'il est contre, il sait pas que ça existe) ni écrivain.


    Garcia Marquez avait 39 ans lorsqu'a été publié « 100 ans de solitude ». Ce qui me laisse un peu de marge. 100 ans de solitude est le roman épique d'une famille, dans un village totalement paumé de l'Amérique du sud, où les croyances et les superstitions se mêlent à la magie et au surnaturel.

    L'aventure commence lorsque les fondateurs de la lignée Buendia arrivent à Macondo, ville qu'ils vont construire de toutes pièces, à la suite d'un meurtre commis par le père. Macondo sera le théâtre de la construction de ce village paumé, puis de sa vie, avec ses rebondissement (le père qui devient fou, le fils fortement membré qui s'en va avec les gitans, tellement bien gaulé qu'une gitane s'exclamera « et bien mon garçon, que Dieu te la préserve », le second fils qui va devenir militaire, un homme qui mènera des dizaines d'assauts, tous raté, qui loupera même son suicide et ne se préoccupera pas de ses 17 enfants, que des femmes superstitieuses ont eu avec lui), sa vie (les maladies telles la peste de l'insomnie, puis la peste de l'oubli que seul un vieux gitan sera à même de soigner, la dictature exercée par un des membres de la famille, qui sera fusillé, la compagnie bananière qui va ruiner la santé des travailleurs avant de les faire exécuter par l'armée), sa fin (le déluge, les fourmis, la maison détruite, reconstruite, redétruite) et sa chute (le dernier Buendia qui mourra avec le livre). Tout cela, c'était écrit. Justement par le vieux gitan qui a la potion pour guérir la peste de l'oubli. Un vieux manuscrit laissé à la famille, qui ne pourra être déchiffré que 100 ans plus tard, qui le sera effectivement. Tout était écrit, de l'assomption jusqu'au gitan aux papillons.


    Un livre magistral, épique, qui ferait presque regretter la non élection d'Arlette Laguiller, pour qu'une dictature se mette en place dans le sang, et qu'un génie littéraire apparaisse.

    Un livre que, personnellement, je classe dans mon top 10.



    Matthieu


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  • Commentaires

    1
    Saru
    Mercredi 24 Octobre 2007 à 22:42
    Quelquefois drôle, pas toujours méchant. Boah de temps à autres ça doit faire du bien d'écrire quelques compliments.
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