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    Normalement, quand je parle de quelqu'un, j'écris son prénom en entier. Parce qu'il n'y a aucune raison de ne mettre que la première lettre du prénom: si la personne lit le blog, même si tu ne mets que la première lettre du prénom, elle se reconnaîtra, et que même si tu inscrits le prénom en entier, ça reste super anonyme, sauf si la personne porte le prénom de Blénoragie, prénom tellement peu porté qu'on reconnaît la personne du premier coup.

    Tout ça pour dire qu'aujourd'hui, je vais parler de T., sans inscrire son prénom en entier. Parce que... parce que c'est comme ça. Appelez ça de la pudeur si vous voulez. Et c'est la première fois que je parle de T.


    J'étais amoureux de T. Enfin, amoureux... Pas avec le but de construire quelque chose ni rien, mais il m'attirait. J'avais 16 ans, il en avait 15.

    T. n'était pas très beau: un regard vide caché derrière des verres épais, des cheveux qu'un magnifique épi au milieu du crâne rendait totalement indomptables, de grosses lèvres qui auraient pu appartenir à un noir, bref, il n'avait rien d'un canon de beauté. Mais il me plaisait. Je le connaissais parce qu'on pratiquait la même activité, et qu'on se retrouvait pour 1h30 tous les mercredis, depuis 2 ans. Après l'activité, jusqu'à ce que sa mère vienne le chercher (et me raccompagne du même coup) on se planquait et on s'embrassait. Oui, à lire, c'est ridicule, mais on était deux gamins, et ce qu'on faisait me paraissait tout sauf ridicule. Pour T., c'était différent. Il en avait plus que rien à foutre. Parce qu'il n'était absolument pas gay, et que je pense qu'il me voyait comme un substitut au fait qu'il n'avait pas de copine.


    Un jour, lors du repas de l'assemblée générale de notre activité du mercredi après-midi, nous avions trop bu. Enfin, lui avait trop bu. On était sorti prendre l'air et fumer, puis on s'est retrouvé dans des toilettes publiques sous-terraines (oui, c'était aussi glauque qu'une soirée chez Francis Ca brel avec Francis Lalanne) et là, pour la première fois, j'ai fait une fellation à un garçon. Et lui a eu sa première fellation faite par un garçon. Une fois que nous sommes remontés, il a eu d'ailleurs cette réaction un peu surréaliste:

    « Mais dis-donc, tu serais pas un peu pédé toi ? »


    Puis nous sommes partis en voyage 3 jours à Monaco avec notre activité du mercredi après-midi. Ca s'est mal passé entre nous, il me méprisait, ne loupait pas une occasion de m'humilier. Bien sûr, les autres ne savaient rien de notre histoire, du coup, ça ressemblait à des taquineries...


    J'ai revu ensuite T. à une reprise, il sortait avec une fille qu'il a ostensiblement embrassé quand il a vu que je le regardais...


    Tout ça s'est passé il y a 10 ans. Et il m'arrive, de temps en temps, de repenser à T.

    T., à qui je voudrais dire une chose: à l'époque, tu as peut-être voulu faire comme si je n'étais rien pour toi, comme si j'étais une pauvre loque à tes pieds, mais il reste un truc, et ce truc restera: toute ta vie, que tu le veuilles ou non, et à moins de te mentir, tu devras reconnaître la première fois que tu t'es fait sucer la bite, c'était par moi.


    Matthieu


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    Ma vertu préférée : La constance

    Le principal trait de mon caractère : Le dilettentisme

    La qualité que je préfère chez les hommes : La bonté

    La qualité que je préfère chez les femmes : Si les femmes avaient des qualités, ce seraient des hommes

    Mon principal défaut : le découragement rapide

    Ma principale qualité : la curiosité

    Ce que j'apprécie le plus chez mes amis: qu'ils soient là

    Mon occupation préférée : l'occupation allemande (c'est pas de moi, hélas, c'est de René Fallet)

    Mon rêve de bonheur : avoir une grande maison avec des poules dehors

    Quel serait mon plus grand malheur : devenir communiste

    A part moi, qui voudrais-je être : un beau mec bien foutu

    Où aimerais-je vivre : dans une grande maison avec des poules dehors

    La couleur que je préfère : je n'en ai pas

    Les fleurs que j'aime : les oeillets, les roses

    L'oiseau que je préfère : la grive, rôtie avec une tranche de lard et des petits raisins

    Ma nourriture et ma boisson préférée : du foie gras avec un bon vin blanc

    Ce que je deteste par dessus tout : les bons sentiments, qui sont à l'existence ce que le PQ est à un bon repas

    Mes auteurs favoris en prose : Romain Gary, Boris Vian, Gabriel Garcia Marquez, Céline, J.D. Salinger

    Mes poètes préférés : Victor Hugo, Charles Baudelaire

    Mes héros dans la fiction : Les acteurs pornos

    Mes héroïnes favorites dans la fiction : Les actrices pornos

    Mes compositeurs préférés: Bethoveen, Chopin, Listz

    Mes peintres préférés: David, Gericault, Delacroix

    Mes héros dans la vie réelle : Les gens qui reconstruisent quelque chose après avoir tout perdu

    Mes héroïnes préférées dans la vie réelle : Les femmes qui travaillent avec ma soeur, qui est un tyran

    Mes héros dans l'histoire : Ceux qui ont résisté, ici ou ailleurs

    Le personnage historique que je n'aime pas : Che Guevarra

    Les faits historiques que je méprise le plus : Les goulags

    Le fait militaire que j'estime le plus : La victoire contre les turcs à Vienne en 1682, avec les cavaliers polonais ailés

    La réforme que j'estime le plus: L'interdiction de la torture lors des enquêtes policières

    Le don de la nature que je voudrais avoir : Savoir dessiner

    Comment j'aimerais mourir : En m'en rendant compte, pour pouvoir dire (ou penser): « tiens, c'est maintenant »

    L'état présent de mon esprit : En attente

    La faute qui m'inspire le plus d'indulgence : Le meurtre d' enfants

    Ma devise : C'est déjà assez compliqué d'être moi, je vais pas en plus me mettre à la place des autres. (Romain Gary)


    Matthieu


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    Des fois, c'est dimanche matin, t'es tranquillement assis en train d'écouter de la musique en buvant ton 6ème café, et d'un coup, t'as un énorme coup de flip qui t'arrives dans la gueule. Mais quand je dis énorme, c'est pas un truc du style 'tiens, je me sens pas très bien', c'est plutôt 'putain je vais crever si je trouve pas d'où ça vient'. Oui.



    Et en fait, c'est assez facile à trouver, puisque je suis quelqu'un de relativement simple, fonctionnant simplement et ayant besoin de choses simple: La question qui amène cet énorme flip est (roulement de tambour, montée dans les aigüs de tout le pupitre de premiers violons de l'orchestre national de France): QU'AS-TU FAIS DE TA VIE ? (oui parce que quand je me parle, je me tutoie, du coup, j'ai l'impression d'être plus proche de moi). Vous savez, un peu comme dieu disant à caïn: qu'as-tu fait de ton frère ?, moi, c'est pas dieu ni rien, c'est juste moi.



    (une question s'est subreptissement glissée dans le paragraphe précédent. Sauras-tu la retrouver ?) Oui parce que je résume: J'ai passé l'âge où tout est encore possible. Par exemple, je ne serai jamais sportif de haut niveau, ni mathématicien de génie. Et j'ai passé l'âge auquel pleins de gens sont morts: 27 ans.

    Janis Joplin est morte à 27 ans. De même que Kurt Cobain, Jim Morrison, Jimi Hendrix. Bon, j'ai appris à jouer de la guitare, mais entre savoir jouer jeux interdits et être Jimi Hendrix, il y a approximativement le même fossé qu'entre être Etienne Daho et être Lucianno Pavarotti (sauf que Pavarotti est mort et que Daho pas encore). Donc, ça, c'est râpé. Oui, la carrière de Rock-Star-mondiale-fauchée-en-pleine-gloire-par-un-destin-tragique-et-l'-abus-de-stupéfiants m'est fermée à tout jamais.



    Ensuite, Theodore Gericault a peint Le radeau de la méduse à 28 ans... Je ne sais même pas dessiner. Mais rien du tout. Je suis même incapable de dessiner un chat. La carrière de peintre-tourmenté-ayant-peint-avec-génie me sera aussi inaccessible que le principe de la fission de l'atome l'est à Eve Angelli.



    Voilà, donc qu'as-tu fait de ta vie... Bien sûr, je sais cuisiner parfaitement des choses telles que les soupes en sachet, les raviolis en boîte ou des trucs comme ça. Non je déconne. Je sais un peu cuisiner.



    Qu'as-tu fait de ta vie...
    Des fois, c'est dimanche matin, t'es tranquillement assis en train d'écouter de la musique en buvant ton 6ème café, et d'un coup, t'as un énorme coup de flip qui t'arrives dans la gueule. Mais quand je dis énorme, c'est pas un truc du style 'tiens, je me sens pas très bien', c'est plutôt 'putain je vais crever si je trouve pas d'où ça vient'.



    La chanson qui va avec:



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    Janis Joplin - Mercedes Benz

    Matthieu


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