• Au secours – Asile de fou (Régis Jauffret)

     

    Devant un style de merde, il y a des gens qui se pâment comme ceux qui croient voir la quintescence de l'art dans l'urinoir de Duschamp. Plus un livre est incompréhensible et con, plus ils se sentent supérieurs de le posséder, même si, bien évidemment, ils n'en ont pas compris la moindre ligne. Parce que personne n'en a compris la moindre ligne.


    Avec une excellente idée de départ (une femme ouvre la porte au père de son jules qui lui annonce que, justement, ledit jules la quitte), Régis Jauffret réussit à pondre un livre qui est à la littérature ce que l'écoulement diarrhéique est à la poésie.

    Dans Asile de fous, Régis Jauffret raconte donc, en prenant le point de vue de chacun des personnages (ce qui n'est pas un exercice de style extrêmement difficile, d'autant que pour ne pas s'encombrer de difficultés supplémentaires, ce livre est peuplé de 4 personnes: Gisèle, la fille larguée (oui, une fille qui a la trentaine et qui s'appelle Gisèle... A mon avis, Régis Jauffret a trop regardé Navarro dans lequel un commissaire âgé de 82 ans a une fille de 20 ans qui s'appelle Yolande), Damien, le mec qui la largue par l'intermédiaire de Joseph, le père, et la mère, dont le prénom m'a marqué de la même force que ma première éjaculation nocturne.


    Pour faire moderne (ou parce qu'il est d'une fénéantise phénoménale), Jauffret ne s'embarasse pas de transition entre ses idées (enfin, entre les idées des personnages); ses personnages s'expriment par tiret, disant tout et son contraire d'un tiret à l'autre (ce qui fait que le lecteur, qui se tape tout le boulot, comprend qu'il se passe du temps entre l'expression des deux idées, mais que Jauffret est un mec trop ambitieux et trop respectueux ses lecteurs pour les emmerder avec ça). Donc, des tirets partout (le jour où y'aura un championnat du monde du tirage à la ligne, je sais pas si Jauffret aura la médaille d'or, mais ce qui est sûr, c'est qu'il sera sur le podium), un point de vue qui change (quelquefois, au milieu du chapitre, sans que l'on comprenne l'intérêt de la chose).


    Evidemment, le Damien en question, créature lâche, arriviste est à l'égo surdimmensionné, a un problème: il est alcoolique. Et pédé. Oui, parce que Jauffret s'est dit qu'il fallait foutre une histoire de pédé là-dedans, un truc qui arrive avec autant de délicatesse qu'un chien dans un jeu de quille. Parce qu'on a l'impression qu'il avait écrit ça un jour où il s'emmerdait (ça, ça va bien avec ses livres qui emmerdent les lecteurs), et qu'il a arbitrairement décidé qu'il caserait ce passage dans ce livre. Parce que.


    Un livre chiant comme un samedi soir devant l'intégral de Derrik en slovaque, bien évidemment couronné par un prix littéraire: le prix fémina. En 2005. Parce que les grognasses aigries ont dû trouver que ce livre parlait de féminisme (oui, on y parle de femmes, un peu). Un prix littéraire... En même temps, ça veut pas dire grand chose, quand on sait que le prix Goncourt 1932 a été attribué à Guy Mazeline pour Les loups. Une oeuvre inconnue, qui a pourtant rafflé le prix devant un livre de Céline, qui s'appelait Voyage au bout de la nuit.


    Matthieu


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