Les livres
Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique
[1] 2 3

TOP 10: Les cafard n'ont pas de roi – Daniel Evan Weiss
par marcellus55, le 5 Décembre 2007 à 17:30
Il y a des livres qui sont tout simplement énorme. Pas physiquement, on ne parle pas de Guy Carlier, non, des livres qui, en racontant une histoire et sans avoir l'air d'y toucher, montrent des choses auxquelles on n'avait pas pensé.
Les cafards n'ont pas de roi raconte l'histoire d'une colonie de cafard qui vit dans l'appartement de Ira, un juif trentenaire. Tout se passe bien pendant que la compagne d'Ira, une gitane, est là: elle est bordélique, laisse traîner de la nourriture partout et fait le bonheur et la prospérité de la colonie de carfards. Malheureusement, la gitane part et laisse la place à une juive méticuleuse et ordonnée, qui va commencer à tout ranger dans des tuperwares, inaccessibles mais transparents...
Toute l'histoire est racontée du point de vue de Nombre, un cafard (forcément) né dans la bible (d'où son nom). Chacun des cafards est né dans la bibliothèque et chacun se retrouve avec un nom célèbre, ce qui donne lieu à des scènes d'une ironie énorme (le jour où Ira mange par erreur une amie de Nombre qui s'était réfugiée dans la boîte de corn flakes, amie qui s'appelait Rosa Luxembourg et qui donnera à Nombre l'occasion de crier « on a assassiné Rosa Luxembourg » avec un développement sur l'égoïsme...), mais aussi des scènes très travaillée (l'histoire avec les blattes américaines, plus grosse que la colonie de Nombre, ou la scène de l'égoût).
Le livre est vraiment bien écrit, à chaque nouvelle lecture, on aperçoit des choses qu'on avait complètement zappé précédemment, et le nom des cafards lie leur destinée. Le tout truffé de références bibliques (la scène des cafards adorant le cavalier du jeu d'échec comme le nouveau veau d'or est phénoménale, de même que la traversée de la salle à manger, tels les israélites guidés par Moïse) et juives.
Une description de la société humaine du point de vue de cafards, ça peut paraître bizarre, au final c'est décapant. Mais pour de vrai. Pas décapant comme il est dit dans le journal de Claire Chazal à propos de Mimy Matty et de son personnage de Joséphine Ange gardien, consensuel et conventionnellement moralisateur. Non, décapant avec du vrai humour et des vrais morceaux d'ironie dedans. Et un livre pas prétentieux pour un brin.
Et puis, parce que les cafards ne sont pas aussi con que ce que l'on croit lorsqu'on laisse des motels à cafard sur son frigo (en fait, des boîtes en carton pleines de glu), le vainqueur ne sera pas celui qui aurait dû logiquement gagné. Oui, à la fin, Nombre gagne... Enfin, gagne... C'est encore l'un des paradoxes du livre. Il finit par gagner contre Ira, d'une façon étonnante et dégoûtante, mais seulement après que la colonie eut été décimée...
Un livre que, personnellement, je classe dans mon top 10.
Matthieu
4 commentairesHistoire d'une prostituée (Clara Dupont-Monod)
par marcellus55, le 28 Novembre 2007 à 16:51
Au même titre que Cécilia, Clara est un prénom typique pour une pute. Sauf que l'auteur de ce livre n'est pas prostituée. Elle est une journaliste BSTR (Bien Sous Tous Rapports) qui se lève un jour en se disant que ça serait chouette de faire un truc bien raccoleur, style discuter avec une pute pour en savoir plus. C'est ce qu'elle a fait, et le résultat se présente sous la forme d'un petit livre de 177 pages, dans lesquelles elle parle de Iliana, une prostituée bulgare de 21 ans, de ce qu'est sa vie, de ce que sont ses rêves...
Iliana se livre assez difficilement. Faut dire que c'est pas évident de faire confiance à quelqu'un qui veut voir votre esprit alors que votre truc, c'est votre corps. Un corps qui sert de réceptacle à sperme aux gens qui paient. Oui, parce que c'est de cela qu'il s'agit.
On se rendra compte que lorsqu'on parle de glauque pour évoquer la prostitution, on est encore loin de la réalité. On apprendra qu'une pipe doit durer 10 minutes (et franchement, 10 minutes quand on voit où ça se passe, ça relève de l'exploit), que les samedi soirs sont horribles, avec la peur de voir ceux des quartiers arriver et prendre une pute et la jeter après l'avoir frappée et lui être passés tous sur le corps, le soulagement quand ça arrive à une autre, on apprendra aussi que Iliana déteste les mecs qui viennent juste pour parler, qu'elle déteste le contact humain, qu'elle veut en rester, avec son client, à l'échange d'un trou vivant contre de l'argent. On apprendra aussi la crasse, les nausées devant la crasse de certains, on souffrira avec elle devant son histoire d'amour bancale avec un minable délinquant roumain de 24 ans, qui ne rêve que de sodomie et d'argent facile.
Au final, un livre pas raquoleur du tout, sans pudeur mais sans voyeurisme inutile (tant pis), qui ne prétend pas évoquer une cause dans son ensemble mais qui parle d'une petite fille perdue dans un monde dans lequel son rôle se limite exclusivement à montrer son corps le plus possible dans l'espoir d'avoir un sexe inconnu dans la bouche en échange de 30 € ou d'avoir un sexe dans le sien pour 50 €. Oui, la prostitution, c'est ça, et à la fin, elle rencontre un millionnaire de 30 ans de plus qu'elle et elle l'épouse pour son argent, et il meurt peu de temps après et elle peut faire venir toute sa famille, et elle est heureuse, enfin. Non, je déconne.
A la fin, elle essaie de s'en sortir, mais se rendra vite compte de la difficulté de la chose, l'argent facile (mais l'argent de la prostitution est-il vraiment de l'argent facile ? Parce que ce qu'on apprend aussi, c'est qu'on ne taille pas une pipe seulement avec sa bouche) ne se compensant pas.
Un livre assez émouvant, écrit avec juste ce qu'il faut de distance, sans jugement définitif sur la prostitution, les clients et tout le bordel dont les féministes nous rabattent les oreilles à longueur de temps.
Matthieu
aucun commentaireêtre une femme – Girl (David Thomas)
par marcellus55, le 21 Novembre 2007 à 17:32
Bradley Barett est un mec, un vrai. Un qui joue au football, un qui a des muscles, un qui a une copine bonne comme une cigarette après un repas. Un qui a une paire de couilles grosses comme... ben non justement.
Parce que là est le point de départ de ce roman: Bradley Barett n'a plus de couilles. Ni de bite. Par contre, son torse est maintenant ornée d'une magnifique paire de seins. Oui, suite à une erreur des brancardiers, Bradley, entré à la clinique pour subir une ablation des molaires, va en ressortir femme, tandisque le transexuel entré pour se faire ôter le gourdin qui lui servait de sexe se retrouve délesté de ses dents de sagesse. Ce qui le rend quasiment aussi furieux que Bradley.
Bradley va perdre son emploi, et accepter de vendre son histoire à un tabloïd. Puis il va lui falloir faire un choix, sachant qu'il ne pourra pas retrouver son sexe d'origine: désire-t-il devenir vraiment une femme, c'est à dire prendre des hormones, se maquiller et pleurer devant des téléfilms à la con ?
Ce livre navigue entre la franche comédie et la réflexion pseudo-intellectuelle de la condition des femmes dans la société post-moderne actuelle (alors là, franchement, je sais pas vous, mais moi, je trouve qu'elle a de la gueule cette phrase). Du coup, on sait jamais si, après avoir ri, on va pas tomber sur un passage à la con sur le sexisme des réactions masculine dans leur ensemble.
Alors parmi les moments drôles quand même, celui où Bradley s'achète une jupe, celui où il prend des conseils de maquillage auprès de sa copine (enfin, de son ex-copine, puisqu'elle ne se sent pas de devenir lesbienne, fusse pour rendre service à un ex), où il fait gaffe à son apparence devant les mecs fréquentant le club de gym, et le premier orgasme.
Ensuite, il y aura le changement de prénom, puisque Bradley va prendre le ridicule prénom de Jacqueline (oui, les anglais sont vis à vis des prénoms français un peu comme les français vis à vis des prénoms américains: ils adorent sans se rendre compte soit du ridicule soit du côté archi-démodé du prénom), et surtout... la première visite chez le gynéco, le pied à l'étrier (si vous n'avez pas vu qu'il y avait un jeu de mot, relisez la dernière phrase).
Un livre correct, qui permet de passer le temps quand il est nécessaire d'en perdre (en cas de visite chez le gynéco par exemple) mais qu'on pourra allègrement oublier si on a quelque chose de mieux à lire. Alors le mieux sera plus drôle, plus intelligent et moins poncif. Donc pas un livre de Bernard Werber. Evidemment.
Matthieu
4 commentairesCent ans de solitude – Mon siècle (Günther Grass)
par marcellus55, le 14 Novembre 2007 à 16:43
Evidemment, je vais pas parler de 100 ans de solitude, puisque c'est déjà fait. Non, je voudrais vous parler d'un truc qui est plus chiant qu'une branlette un samedi soir, un truc qui va me faire passer pour un stupide béotien, parce que si y'a un auteur que je n'arrive pas à lire, c'est celui de ce livre.
Günther Grass est allemand. C'est une tronche, il a eu le prix nobel de littérature. Mais franchement, je sais pas comment il se démerde, mais ses livres sont tous plus soporiphiques les uns que les autres. J'ai tenté 57 fois de lire « en crabe », j'ai à chaque fois battu mon record personnel en allant plus loin dans l'écriture abrutissante du Maître, puisque j'en suis maintenant à la page 57.
J'ai tenté de lire, et c'est de celui-là dont je voulais parler aujourd'hui: « mon siècle ». En fait, Günther Grass part de 1900 pour arriver... je sais pas trop où, et écrit une courte nouvelle sur chaque année qui passe. Avec des points de vue différents et tout, on se dit que ça doit être génial. Ben non, c'est pas génial, c'est Günther Grass. J'ai pas réussi à aller plus loin que 1919. Günther Grass, il devrait être remboursé par la sécurité sociale, parce qu'il est plus efficace que le Lexomil. Günther Grass, c'est le Xanax de la littérature.
Sinon, il a aussi écrit « le tambour », un truc dont l'adaptation au cinéma (ou a la télé) est rediffusée régulièrement (à croire qu'ils ont les droits pour un siècle) par ARTE. C'est, je crois, l'histoire d'un petit garçon qui tape sur un tambour et qui arrête de grandir à un moment, qui voit sa mère niquer, puis qui retombe sur la tête et se remet à grandir. Oui, c'est pas très précis, mais j'avais 12 ans quand je l'ai vu, et j'ai jamais eu le courage de regarder une seconde fois.
Bon alors puisqu'il faut, malgré tout, parler de « mon siècle »... Comment dire... En fait, dans ce bouquin, Günther Grass arrive à faire passer Stendhal pour un génie de la modernité (alors là, j'en vois déjà qui vont dire « non mais attend, mais arrête, Stendhal c'est hyper moderne »; oui ben faut pas déconner non plus, c'est classique Stendhal). Quand on lit Günther Grass, on a l'impression d'être assis sur un banc, posé sous un arbre qui nous procurerait un doux ombrage pour un après-midi du mois de mai, à ce moment précis où la lumière n'a pas encore décliné, mais où l'on sent clairement poindre le soir, pendant qu'un homme âgé d'une quarantaine d'années, vêtu d'un costume blanc qui pourrait provenir d'une de nos colonies, passe sur un vélocipède, la moustache au vent et le monocle sévèrement fixé sur le nez, un chapeau colonial vissé sur la tête.
Voilà... Ca vous a donné une idée ? Ben Günther Grass, c'est ça sur des centaines de pages. Et quand je dis des centaines, c'est juste par rapport à celle qui se trouvent dans les volumes que j'ai tenté de lire. Pas à toutes celles qu'il a écrite.
Günther Grass, c'est comme Picasso. C'est un génie, ce qu'il fait est magnifique. Certainement. Mais j'ai beau cherché, je vois pas où. Comme le Guernica de Picasso. Il m'émeut autant qu'un rouleau de sopalin.
Matthieu
5 commentairesDes psys, des morts, du cul – Chair et sang (Jonathan Kellerman)
par marcellus55, le 1 Novembre 2007 à 15:05
Il manque l'inceste. Et bien qu'on passe très très près, il n'y en aura pas. Oui, moi aussi j'ai été déçu. Bon, pas autant que par la fin de ce livre, qui porte un titre faussement prometteur: « chair et sang », un roman policier écrit (enfin, écrit...) par un certain Jonathan Kellerman.
Alléché par la quatrième de couverture, qui annonçait « un univers étrange aux frontières de la psychologie expérimentale et de l'industrie du sexe », je me suis dit « chouette, un livre avec des maniaques sexuels et du cul », un truc un peu comme du Virginie Despentes mais en mieux (en moins bien, ça existe aussi, c'est mou, c'est marron, et ça s'appelle une merde). Ben perdu. Parce que quand il est écrit « aux frontières de », ça veut dire qu'on s'y arrêtera comme l'allemand de l'est devant le mur de Berlin: sans pouvoir aller plus loin.
Bon alors pour l'histoire... Un psy, Alex Delaware (oui, il s'appelle comme un état américain) reçoit deux fois une gamine qui s'appelle Lauren Teague. Après, son père, la caricature de l'homme des cavernes, refuse de payer et ne l'ammène plus. Quelques années plus tard, alors que le psy ne s'occupe quasiment plus de patients en psychothérapie puisqu'il est expert près des tribunaux, il se rend à l'enterrement de vie de garçon d'un de ses collègues. Et là, il voit Lauren qui se gouine sur un podium avec une copine à elle. Ils se reconnaissent, et il se barre. Elle revient dans son cabinet pour... on sait même pas trop quoi d'ailleurs, puis elle va se faire assassiner de deux balles de revolver dans la nuque.
Le psy va se croire investit d'une mission et va mener l'enquête avec un de ses copain flic (oui, un flic qui laisse un mec intervenir dans son enquête, c'est normal) pédé. On va découvrir que la fille était hyper riche, en plus d'être hyper jolie, et qu'elle avait été hyper pute. Mais que visiblement c'était fini, même si elle avait répondu à une annonce de psychologie expérimentale, un truc qui ne mènera nul part, sauf au fils d'un magna de la presse porno, dont Lauren (mais ça, faut se faire chier 250 pages environ avant de le savoir) était en fait la fille.
Un livre plein de rebondissements tous plus absurdes les uns que les autres (un peu comme si l'auteur ne savait pas trop où il allait arriver et qu'il avait racomodé tout ça à la fin), pour arriver à la conclusion que la fille est morte parce qu'elle allait hériter, et que ça plaisait pas au mari de la fille du magna (mais la fille officielle hein) ni à la nouvelle ex-femme de ce même magna. Oui, un truc à la con.
Sinon, Alex baise pas mal au début du livre, puis plus du tout parce que sa nana a peur de le perdre à force de le voir mener des enquêtes à la con, puis on apprend qu'il va de nouveau baiser à la fin, et que ça a l'air de lui faire rudement plaisir.
Ben ça, c'est à l'image du livre: on est bien content pour lui mais on s'en fout.
Matthieu
4 commentaires
[1] 2 3



Haut de page
